Le château de Cepoy, situé à l’est du bourg, sur la rive droite du Loing a été construit par la famille Bouvier de la Motte au XVIIe siècle. Selon l’historien Robert Gaumont, deux autres châteaux l’ont précédé sur l’édifice. Le premier aurait été construit au début du XIIIe siècle, édifié pour abriter le garde forestier en charge de la forêt de Montargis. Le château est né de la forêt tout comme le nom du village. Cepoy est la seule commune de France qui porte ce nom. Il viendrait du latin cippus, signifiant «pieu, tronc d’arbre». Il désignait donc probablement le lieu où abondaient les troncs d’arbres. On trouve dans les sources historiques mention de Cepeto en 1184.

Appelé château du Verdier puis du Beauvert, il conserve ce nom jusqu’à la Révolution. Le premier château est détruit en 1358 puis un autre est reconstruit vingt deux ans plus tard. C’était une maison-forte entourée de fossés avec un pont-levis et un colombier.

Vers 1646, le château, abandonné, était presque en ruine. Son propriétaire, le marquis de Champigny, le vendit à Jacques Bouvier de la Motte, d’une vieille famille de négociants puis de magistrats de Montargis, enrichis par le commerce du bois qui transitait sur le Loing au départ du port de Cepoy. A partir de 1681, Jacques Bouvier commença la construction d’un nouveau château que ses héritiers poursuivront. Le corps principal prit l’aspect qu’il a conservé actuellement. Mais de part et d’autre du bâtiment central, deux ailes le reliaient aux tours d’angle. Vers 1731, Guillaume Bouvier transforma la garenne qui entourait la maison en un parc à la française. Le domaine fut érigé en marquisat par le roi Louis XV.
Guillaume Bouvier, marquis de Cépoy, mourut en 1759 et fut enterré dans l’église du village. Sa veuve, Anne de Beauharnais, sera inhumée près de lui en 1770.

Son successeur, le marquis Guillaume Bouvier, deuxième du nom, meurt à son tour en 1774 et sa veuve vend le château à un certain Chupin, conseiller au Parlement. Ce dernier reçoit le 30 mai 1785, dans son château, les filles du roi Louis XV, Adélaïde et Victoire de France, qui vont prendre les eaux à Vichy. A leur retour le 3 août, elles y couchèrent encore. A chaque fois, pour elles et leur suite, il fallut établir 163 lits dans le château. On avait construit des appartements dans l’orangerie et monté des tentes dans la cour.

Après la Révolution, le château ne fut plus entretenu, les deux ailes latérales furent abattues, seules furent conservées les deux tours d’angle.

Acheté par la commune en 1954, il entra dans un état d’abandon total. Il se dégrada lentement et failli être démoli en 1975. En 1977, le nouveau maire, M. Bezeault, réussit à l’arracher à la destruction et le fit céder aux Compagnons du Devoir et du Tour de France qui le restaurèrent durant quatre ans. Puis le château devint un centre de formation pour les futurs artisans du bâtiment jusqu’en 2015.

Plus d’informations à ce sujet :

Ce texte trouve sa source dans l’ouvrage le Gâtinais vu du ciel, écrit par Bernard Valéry et Michel Berger, paru en 2001 et aux éditions La République du Centre et l’Eclaireur du Gâtinais.

Pour situer le château dans son environnement au XVIIIe siècle, l’Atlas de Trudaine :

Sur Cepoy avant la Révolution :

  • Consultez un ancien numéro de la revue publiée par la commune : Cepoy Communication où figure un extrait de l’ouvrage de l’abbé Parendeau décrivant Cepoy à la fin du XVIIIe siècle : http://fr.calameo.com/read/003813316f1d0202fac6c

Sur la famille Bouvier de la Motte :

Sur la forêt de Montargis :

Voici les articles publiés par Société d’Emulation de l’Arrondissement de Montargis, consultables à la médiathèque de Montargis sur Cepoy