Verrerie et atelier de mécanique

Dans les années 1920, M. Paul Bauret fit l’acquisition de l’usine de verrerie située en bordure du canal au lieu-dit Montenon. Quelques années plus tard, l’usine était rachetée par la Société de parfumerie Haudigan, qui fit faillite en 1929.

Fermée jusqu’en 1937, la verrerie de Cepoy est alors rachetée par M. Fournier, chef de fabrication à la verrerie Thouvenin à Vierzon. Son ambition, partagée par son fils Pierre Fournier, est de créer à Montenon une usine où la fabrication des verres serait entièrement automatisée. Ce projet est rendu possible grâce à l’alimentation en gaz sous pression dont bénéficie l’établissement qui est raccordé à l’usine à gaz de Montargis.

La Seconde Guerre Mondiale ne permit pas de réaliser cet ambitieux programme, qui fut néanmoins repris en 1945.

Pierre Fournier et son associé Thouvenin, verrier à Vierzon, firent installer à Montenon des machines construites dans les ateliers vierzonnais. Dès 1946 les nouvelles installations étaient en service. Les verres n’étaient désormais plus soufflés mais moulés et les verres à pied réalisés en une seule pièce. La production, continue, était alors de 1500 pièces par jour.

Malheureusement les habitudes des consommateurs étant différentes après la guerre, la verrerie de Montenon ne put trouver de nouveaux débouchés et ferma ses portes en avril 1950, les locaux de l’usine étant transformés par la suite en atelier de mécanique.  

Quelques bâtiments de la verrerie subsistent encore. En bordure du canal, un long bâtiment à terrasse, bâti en moellons avec joints en ciment, était le magasin de stockage des verres de la société Haudighan. Accolé au magasin, un bâtiment remplissait la double fonction de bureau et de logement. A l’extrémité Sud-Ouest du magasin Haudighan, un bâtiment construit partiellement en bois serait antérieur à l’usine. Du temps de la verrerie, il était utilisé comme entrepôt de sulfate de fer. Le bâtiment de fabrication de la verrerie a été détruit.

Un autre ensemble architectural, conçu par les architectes parisiens Camille Maillard et  François Raguenet et lié à la verrerie de Montenon subsiste encore et  mérite une attention particulière : ce sont les trois barres de logements construites vers 1925 pour les ouvriers verriers. Situées sur la rive opposée du canal, à 500 m en aval de l’usine, ces barres sont intéressantes dans leur conception.

De dimensions différentes : une longue de 14 logements et deux petites de 8 logements, ces barres présentent sur les façades antérieures, orientées vers le canal, une succession de pignons, alternativement triangulaires et cintrés. La composition et le traitement de ces façades, comme les matériaux employés (moellons et ciment), s’inspirent du modèle des maisons bourgeoises construites à cette époque. Les façades postérieures sont conçues sur le modèle traditionnel des barres de logements : succession de travées identiques.

Leur lieu d’implantation porte encore aujourd’hui le nom de Cité Bauret.

(Informations extraites de l’ouvrage de Louis André et Sylvie Vincent sur le Patrimoine Industriel de la région de Montargis et sur google : aurelia.orleans.fr).

Liens pour informations complémentaires :

Le camp de la Verrerie de Montenon

La verrerie de Montenon, désaffectée en 1937, est réquisitionnée par les autorités en vue d’y acccueillir des réfugiés espagnols.

Elle est, en 1940, d’abord un camp de rassemblement pour les ressortissants allemands et étrangers du Loiret puis un camp d’internement pour plus de 1000 prisonniers de droit commun et des prisonniers politiques français gardés par 300 gardiens. Ce camp est évacué dans des conditions dramatiques.

Pour resituer le camp de Cepoy dans le contexte des camps du Loiret : http://gatinais.histoire.pagesperso-orange.fr/Camps_d_internement.htm

Sources :